De multiples images et vidéos des incendies en Gironde ont été publiées sur les réseaux sociaux. Parmi elles, celle d'un Calvaire resté intact au milieu des cendres. Alors que de nombreuses personnes évoquent un miracle, le diocèse de Bordeaux adopte une position plus nuancée.
La photo a fait le tour des réseaux sociaux. Le photographe Patrick Bernard s'est rendu en Gironde, et plus précisément à Saumos, pour constater les dégâts provoqués par les incendies. Dans un décor apocalyptique, où tout n'est plus que cendres, il a notamment photographié un Calvaire resté debout, comme préservé des flammes.
Depuis la publication de cette image, de nombreux internautes saluent ce qu'ils considèrent être "un miracle". Certains estiment que "même les flammes n'ont pas pu résister à la foi", tandis que d'autres citent des versets bibliques, comme Ésaïe 43.2 :
"Si tu traverses les eaux, je serai avec toi ; et les fleuves, ils ne te submergeront point ; si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et la flamme ne t'embrasera pas."
Dans un communiqué publié le 29 juillet, le diocèse de Bordeaux a proposé une méditation plus nuancée, écrite par le père Clément Barré, vicaire dans la paroisse des Jalles. Selon lui, affirmer que Dieu a opéré un miracle pour protéger ce crucifix reviendrait à dire "qu'Il n'est pas intervenu pour les maisons, pour les forêts, pour les bêtes, pour les pompiers morts ou blessés et pour ceux qui ont tout perdu". Une vision qui ne correspond pas à l'amour de Dieu :
"Un Dieu qui sauverait son image et laisserait brûler ses créatures ne serait pas le Père de Jésus Christ. Ce serait une idole, jalouse de son bois et indifférente à la chair."
Pour autant, le diocèse estime que la préservation de ce crucifix est "un symbole", celui du murmure de Dieu face "au fracas et au feu".
Miracle, signe d'espérance ou symbole de la présence de Dieu au cœur de la désolation, cette croix intacte rappelle que "le triomphe de la Croix est définitif". Ainsi, "les incendies de ce temps passeront, comme passeront les sécheresses, les guerres et nos propres tourments", rappelle le diocèse. Mais l'amour de Dieu, lui, est éternel.
"Ce crucifix de Saumos ne nous dit pas que Dieu a détourné les flammes. Il nous dit que Dieu s'est laissé atteindre, et que le dernier mot n'appartient pas au feu. Il appartient au matin de Pâques."
Depuis le 22 juillet, un incendie d'une ampleur inédite ravage les départements de la Gironde et des Landes, dans le sud-ouest de la France. Sur place, 42 000 hectares sont déjà partis en fumée, tandis que des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées. Ce jeudi, le mégafeu reste stabilisé. La préfecture a ainsi autorisé 84 000 personnes supplémentaires à regagner leur domicile.
Des initiatives chrétiennes locales se sont rapidement mises en place. Parmi elles, celle portée par l'Église Momentum de Bordeaux. Par l'intermédiaire de son association Espoir, l'Église a récolté des dons, notamment des couvertures, des rallonges électriques et de la nourriture. Ces dons viennent soutenir les actions menées par les autorités locales.
Mélanie Boukorras